L'Evaluation des Pratiques Professionnelles, c'est quoi ?

Frédéric Srour, masseur kinésithérapeute correspondant auprès de la Haute Autorité de la Santé  nous livre un décryptage de ce qu’est l’EPP pour un kinésithérapeute :

"L'évaluation des pratiques professionnelles a parfois une mauvaise image chez nos confrères et consoeurs. A cela nous pourrions  trouver deux explications : tout d'abord parce que cette dernière est obligatoire et ensuite parce qu'elle comporte justement le terme d'évaluation. Pour clarifier cette image il est donc nécessaire de redéfinir ce qu'est et sera véritablement l'EPP pour les professionnels libéraux.

En premier lieu il paraît indispensable de rappeler qu'il ne s'agit pas d'évaluation d'un masseur-kinésithérapeute par un autre masseur-kinésithérapeute. La démarche d'EPP est individuelle, éventuellement collective. En réalité, il s'agit plutôt d'une démarche d'amélioration de ses propres pratiques professionnelles, et ce afin de promouvoir la qualité, la sécurité, l'efficacité et l'efficience des soins que nous délivrons tous les jours à nos patients.

Deux acteurs principaux vont organiser et participer à ces actions d'évaluation des pratiques professionnelles : les Conseil Régionaux de l'Ordre  et la Haute Autorité de Santé.

L'EPP et la formation continue agissent dans le même sens :
  - La formation continue permet d'acquérir de nouvelles connaissances et compétences dans une approche pédagogique.
  - L'EPP permet de se référer dans sa pratique à des standards, des indicateurs, des recommandations définis préalablement. 

Le but de cette démarche est de provoquer chez le professionnel l'auto questionnement, l'analyse critique et la comparaison de son activité au regard des recommandations professionnelles existantes. De cette analyse doit résulter une amélioration des pratiques qui n'est pas, contrairement à ce qui est souvent dit, uniquement au bénéfice du service rendu au patient mais aussi au bénéfice du masseur-kinésithérapeute qui voit son exercice professionnel revalorisé dans sa qualité. (Dans certains pays anglo-saxons la revalorisation du professionnel qui s'engage à se référer aux bonnes pratiques et à les appliquer est également tarifaire…) 

Pour exemple la Haute Autorité de Santé a mis en place dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde desrecommandations professionnelles qui permettent en fonction de la littérature existante et d'accords professionnels, de définir ce qui constituerait une prise en charge "idéale" d'un patient atteint de cette maladie.
Pour faciliter la démarche d'amélioration des pratiques professionnelles et d'auto-évaluation, la HAS a également dégagé de ces recommandations 10 critères de qualité (2) qui permettent de comparer aisément sa pratique à celle qui est recommandée.

Le professionnel n'a donc aucune raison d'être réticent à cette démarche d'EPP qui constituera pour lui un bon moyen de trouver des repères, d'être critique vis-à-vis de sa pratique mais aussi vis-à-vis des informations qui lui sont délivrées dans le cadre de son exercice professionnel."