Edito Septembre Octobre 2011
LES BAINS ROMAINS ET LA DOUCHE GRECQUE !
Pour la kinésithérapie libérale, le mois de septembre 2011 sera marqué par les négociations conventionnelles parmi les plus rapides de l’histoire.
Cinq jours de négociation sont au programme, Cinq jours pour boucler des dossiers et des discussions entamés depuis plusieurs mois voire plusieurs années. Rapide ne signifie pour autant pas précipitation ou bâclage. Bien au contraire, nous attendons depuis trop longtemps pour signer à la va vite un texte qui ne nous satisferait pas.
L’UNCAM souhaite que des dossiers comme la démographie, comme les référentiels, comme les simplifications administratives soient abordées.
Concernant la démographie, et partant d’un constat d’un inégal accès aux soins entre zones dites sous dotées et zones dites sur dotées, l’UNCAM souhaite nous imposer des mesures visant à limiter les possibilités de conventionnement dans les zones dites sur dotées et favoriser l’installation notamment des jeunes dans les zones sous dotées (y compris financièrement).
En contrepartie, nous avons annoncé la couleur de nos attentes : lettre clé à 2,40 euros soit un acte moyen à 20 euros, une harmonisation des indemnités de déplacement à 5 euros, l’ouverture d’un espace de liberté tarifaire portant l’acte de thérapie manuelle notamment à 30 euros…
En réalité, plus l’UNCAM poussera le curseur vers les mesures restrictives ou coercitives, plus nos revendications tarifaires seront revues à la hausse.
Ne voilà-t-il pas maintenant, qu’en raison des évènements économiques européens et mondiaux sur fond de crise financière et de conflits politiques que l’on nous annonce de sérieuses difficultés à accéder à une revalorisation de la lettre clé. L’Etat vient d’annoncer un plan d’austérité visant à trouver12 milliards d’euros pour limiter à 3% le déficit public.
Nous avons chiffré nos revendications. Elles s’élèvent à environ 650 millions d’euros en année pleine. Notre lettre clé n’ayant pas été augmentée depuis 11 ans, cela correspond en fait à un peu moins de 60 millions d’euros par an de rattrapage, soit un peu plus de 1000 euros par MK et par an. Sachant que les trois dernières années les MK ont perdu en moyenne 2000 par an, vous avouerez que nos demandes sont plus que légitimes et raisonnables.
Sans vouloir à tout prix comparer ce qu’ont obtenu les autres professions (les médecins et les infirmières sont passés juste avant cette nouvelle crise et ont obtenu des revalorisations tarifaires), nos revendications restent parfaitement cohérentes.
Pour autant, compte tenu de la loi, tout accord signé ne serait pas forcément respecté. En effet, une signature d’un avenant engageant la profession sur des mesures coercitives (démographie et référentiels) en échange d’une revalorisation, les mesures coercitives seraient applicables quasi immédiatement alors que la revalorisation ne pourrait intervenir au mieux que 6 mois plus tard. Hormis le fait que l’assemblée nationale peut voter en novembre une mesure visant à geler les augmentations et limiter les dépenses, sans compter qu’un comité d’alerte pourrait lui aussi être mis en place en cas de dérapage des dépenses gelant là aussi toute revalorisation tarifaire à venir y compris celles ayant fait l’objet d’un accord au travers d’un avenant.
La partie s’annonce donc délicate et la douche grecque !
Stéphane Michel
Président du SNMKR
